Si Jean-Pierre a toujours plus ou moins utilisé
les mêmes
matériaux et la même méthode – surtout dans la dernière décennie, on
peut
cependant scinder des œuvres en deux grands groups. D’un côté il
emprunte la
voie des «grands classiques » qui ont radicalement transformé
le concept de sculpture « classique » tout en en conservant les
signes de reconnaissance. Jean- pierre Rives joue
sur les proportions la
répartition des masses. Il construit ses compositions et structure ses
éléments
autour d’un centre source d’énergie ou espace fictif, dans lequel peut
s’opérer
une transformation spirituelle. Les éléments qui
remplissent notre espace sont placés les
uns à côté des autres, comme des objets réels. Ils sont manipulés,
détruits et
surtout voilent leurs fonctions altérées sans pour autant perdre leur
identité
matérielle, physique et fonctionnelle. L’observateur
perçoit ces formations comme des objets et
cherche à comprendre le sens et la
méthode de leur fusion. Pour cela, il
s’appuie sur ses expériences antérieures, son savoir, sa mémoire et les
compare
a la forme structurée qui offre une interprétation différente à laquelle
l’objet seul ne permettrait pas de conclure. La perception de la réalité
est
intensifiée par les matériaux réels, les couleurs et les traces des
processus
physique et chimique. L’artiste pénètre le réel, accomplit
son intervention en
opérant sur les éléments présents de la réalité. La sculpture est perçue
comme
réalité systématique ou comme fragments de réalité. Lorand HEGYI
« … L’apparition d’un artiste tel que Jean-Pierre
m’émerveille. Elle prolonge la création du monde, ajoute une province à
notre
patrie intime. Le voile, qui ne cesse de soulever Rives, nous révèle
qu’il y
avait là des secrets encore méconnus et nous suggère des clefs de sa
façon. En
vérité, l’œuvre fait plus encore que flatter la sensibilité du visiteur,
elle
éveille la vocation de l’explorateur .Pour l’auteur elle est avant toute
chose le départ de ses spontanéités ». Antoine Blondin.
LA
GENEROSITE, LE COURAGE ET LE TALENT RÉUNISdans
le Parc de Bruxelles
Jean-Pierre Rives fut
l’un des plus grands joueurs de rugby français(International
de 1975 à 1984). Tous les aficionados de ce sport jubilatoire se souviennent
de lui, le maillot blanc et la tête de cheveux blonds barbouillés de sang,
continuant de donner des instructions à ses coéquipiers. A cette époque d’avant
le SIDA, on n’était pas obligé de quitter le terrain « au premier sang ».Alors
qu’il était toujours international, Jean-Pierre Rives s’est
mis à travailler le fer,
l’acier. Un travail de Vulcain qui se transforme comme par miracle en œuvres
aériennes. Les sculptures disposées dans le Parc de Bruxelles, entre Palais
Royal et Parlement, happent le promeneur dans des voyages étourdissants.
Celle-ci vous projette dans l’espace aussi sûrement qu’une fusée,
celle-là vous aspire dans un entrelacs d’énergies qui se croisent et se décroisent,
s’effleurent, s’influencent, d’autres sont comme des turbulences,des
échos fracassants. Attendez quelques jours encore avant de visiter cette exposition
- librement accessible jusqu’au 15 novembre - pour jouir du camaïeux
de couleurs rouilles du métal corrodé et du feu des feuilles mortes valdingues
par les bourrasques de vent.La
solidarité et la générosité sont des valeurs cardinales du rugby. Elles ne quittent
pas les joueurs le jour où ils remisent leurs crampons. Jean-Pierre Rives
n’échappe pas à cet état d’esprit, et il m’a été dit qu’il mettra une de ses œuvres
aux enchères au profit de l’Hôpital des Enfants.Monument
du rugby au cœur tendre – Jean-Pierre
Rives était un enfant et un ado
doux et rêveur – , artiste puissant et talentueux, il convaincra et séduira bien des Bruxellois.
Guy A.
Delhaye 24/09/09
« Ces sculptures-du solide, d’imposantes
compositions-assemblages et entrelacs de fer – pleines de force nées au fil des
ans, un arc à souder à la main, a l’énergie…
« L’âme du guerrier, l’esprit de l’enfant ». Marseillaise 2007
« Jean Pierre Rives
après son parcours superbe en ovalie, dompte désormais les IPN, monstres
se métal qu’il plie en délicates volutes, comme de fumée »… Var Matin 2008
« Quand l’ancien capitaine du XV de France s’est lancé
dans la sculpture sur fer, beaucoup ont souri. Entre sport viril et art majeur,
le gouffre semblait trop important. Aujourd’hui, tout le monde se l’arrache, y
compris le Sénat, qui lui a commandé plusieurs œuvres ». Voici 2003
« Il fait ce qu’il aime et aime ce qu’il fait. Et il
nous entraîne au pays de ses rêves. Le bonheur, l’amour, l’art, la mort… Jean
Pierre Rives, ce magicien du ballon ovale, qui a choisi de peindre et de sculpter,
nous convie, juste un instant, dans son jardin secret ». La Dépêche du midi 1997
Désormais, dans le petit monde de la sculpture moderne, il
va falloir compter avec Jean Pierre Rives. Y aurait-il sculpture sans mécanique
intellectuelle ? JPR ne le croit pas, sculpteur que l’idée empêche de
dormir ou réveille, dont l’esprit est en perpétuelle position de recherche, qui
saisit au vol l’instant de la création et qui sait que la sculpture la plus
importante est celle que l’on va faire ou que l’on ne fera jamais. JPR affronte
la résistance du matériau jusqu’à l’obliger à se courber harmonieusement, à
fendre l’air, jusqu’à l’apprivoiser. Aurait-il retrouvé le geste de l’homme de
Lascaux pour lequel il a tant d’admiration et dont il fait la source de sa
culture ? L’épreuve du temps apportera la réponse.
« Avec Rives, on peut aller à la chasse au tigre. On
sait qu’il ne vous laissera pas tomber quand le fauve surgira ». Claude Bébéar
« Il fait partie des gens qui me font rêver. » Guy
Savoy
«
Il y a effectivement une ombre au tableau, il n’est
pas passionné par la cuisine. Quand il vient chez moi, il ne mange que la soupe
de truffes aux artichauts. Mais il en prend trois assiettes ! Guy Savoy
C’est un garçon très attachant. Il est fidèle et fondamentalement
honnête, sain et loyal.» Henri Lachmann
« Personnage inédit et atypique … Unique. Artiste de l’impossible, sculpteur de ses rêves,
perclus de pudeurs vibrantes et de douleurs enfouies, toujours prêt à décrocher
une lune imaginaire, jamais à court de pirouettes gênées. Il fut un rugbyman de
l’extrême, il est devenu un homme de réserve qui cultive son intimité avec
détachement. Improbable et généreux sur le terrain, imprévisible et mystérieux
en dehors, il fuit la société après avoir provoqué tant d’hommes. Et il
continue dans l’atelier de sa drôle de vie à cabosser et à torturer sans haine
mais avec passion… Les métaux cette fois après son corps. Un corps dont on ne
sait toujours pas finalement de quel acier il est fait ».
« … Jean-Pierre Rives joint entre deux ou trois
éléments façonnés, donnant ainsi à l’œuvre son rôle esthétique. Une fois ces
lignes et ces formes organisées en volumes à lecture abstraite, il naît une
tension et une dynamique étonnantes. L’inscription dans l’espace convainc
d’emblée. Il nous faut insister sur la puissance du geste et la force qui
soutient, car ils viennent, ensemble de la nature même de l’artiste ».
« … en toutes circonstances, on ressent chez JP Rives,
ce besoin, dont parlait Giacometti, qui définit sa quête lucide de la forme, et
au-delà du geste premier, la vérité d’un sentiment qui vous touche en
profondeur… »
« La force combattive de Rives se reconnaît dans son
œuvre : qu’il s’agisse de ses toiles, dont les formats importants
valorisent l’écriture abstraite, ou de ses pièces de fer volumétriques. La
rencontre existe, inévitable ! Rives ne se contente pas s’exprimer cette
force intérieure inhérente à une personnalité non moins puissante. Donnant
libre cours à sa créativité, il dévoile la douceur, la couleur maîtrisé,
spontanéité d’une lumière réinventé, se fond la fermeté des barres sombres
éternellement présentes. Traces vitales et volontaires qui convoient sa
démarche. »
Avant tout, un sculpteur est un lutteur. Il affronte la pierre, le métal, la boue, peu importe ! il les provoque, les attaque, les creuse, les plie, les contraint.
Il crée du vide avec du plein, de la légèreté avec du poids, de la forme avec de l'informe... A ce titre, peu d'artistes sont aussi lutteurs et, par conséquent, aussi inspirés que Jean-Pierre Rives.
De quoi s'empare-t-il? de ce qu'il y a de plus lourd, de plus prosaïque , de plus inerte, en bref de plus décourageant a priori: des poutrelles métalliques. Et qu'en fait-il? Des arabesques, des volutes, une écriture qui s'élève dans l'espace, une grâce. Il y a de la magie en lui. Un défi à la gravitation. Une révolte. Celle éternelle,
que choque véritable artiste reprend à son compte : la révolte de l'esprit contre la matière.
On classait autrefois des rugbymen en deux catégories : ceux qui déménageaient les pianos et ceux qui en jouaient. Artiste, Rives continue de savoir qu'on ne fait rien sans déménager les pianos d'abord, sans ce combat impitoyable
contre la pesanteur - et c'est alors que l'on peut devenir, comme lui, le plus aérien des virtuoses.
FrédéricVitoux,
de l'Académie française